Le commerce électronique britannique est en plein essor. Mais quel impact le Brexit aura-t-il sur ce secteur innovant et performant ? Le e-commerce est une success story britannique qui fait rarement l'objet de louanges dans la presse ou dans les pubs, mais qui a une incidence quotidienne sur la vie des britanniques.

En 2017, le Royaume-Uni se classait au sixième rang des ventes mondiales de e-commerce, dans un secteur estimé à 29 000 milliards de dollars par l'ONU.

Pourtant, l'avenir de cette industrie en plein essor et des entreprises qui en dépendent sera potentiellement perturbé par le Brexit. Selon le rapport «2019 Global Payments Trends» de JP Morgan, au moins dix pays européens, devraient chercher s'emparer de la domination du secteur du e-commerce, grâce au soutien et aux investissements de leurs gouvernements respectifs. Pour le Royaume-Uni, la menace se profile à l'horizon…

L’impact du Brexit sur les entreprises 

Le Royaume-Uni doit quitter l'Union européenne (UE) le 31 octobre. L'impact sur les entreprises britanniques devrait être sévère, en particulier si le pays part sans accord.

Le pays a rejoint la Communauté économique européenne en 1973 et, depuis lors, a formé des chaînes d'approvisionnement complexes avec d'autres États membres. L’absence de droits de douane, les faibles coûts de transport des marchandises d’un pays à l’autre et les retards limités aux frontières ne sont que quelques-uns des avantages dont bénéficient les entreprises britanniques. Lorsque le Royaume-Uni quittera l'UE, ils ne seront plus applicables.

Même les “bigs players” sont concernés

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Le plus grand détaillant en ligne au monde, Amazon, a déjà conseillé à ses vendeurs britanniques de se préparer à un “no-deal Brexit” afin de pouvoir continuer à vendre aux clients de l’UE. Actuellement, les stocks stockés dans les entrepôts britanniques d’Amazon peuvent être livrés partout en Europe.

Comment Amazon envisage un "no deal"

Afin de planifier un “no-deal Brexit”, Amazon a demandé aux commerçants de maintenir en permanence «le minimum de couverture recommandé de quatre semaines d'inventaire» et d'envisager de placer les stocks dans des entrepôts situés à l'extérieur du pays pour répondre aux commandes de l'UE.

Jusqu'à présent, il était possible pour Amazon de gérer un nombre limité de centres de distribution en Europe afin de garantir le bon fonctionnement de ses opérations. Toutefois, il pourrait être nécessaire pour l'entreprise de créer des entrepôts supplémentaires au Royaume-Uni et dans l'Union Européenne afin de maintenir ses opérations et introduire des options de livraison plus rapides dans plus de pays. Certaines des marques les plus connues du Royaume-Uni s’inquiètent de la rupture importante des approvisionnements alimentaires en cas de Brexit sans accord.

Les grands supermarchés sont également en alerte rouge

Les dirigeants de Sainsbury's, d'Asda, de Marks & Spencer, de Co-op et de Waitrose, ont tous écrit au gouvernement pour l'avertir d'une "perturbation majeure" due aux avertissements du gouvernement français de faire respecter les contrôles sanitaires et douaniers sur les exportations de l'UE, ce qui entraînera de longs délais.

Selon la société d'études de marché Mintel, les ventes de produits alimentaires en ligne devraient atteindre 10 % de toutes les ventes de produits alimentaires d'ici 2023, avec une valeur estimée à 19,8 milliards de livres sterling, contre 12,3 milliards en 2018. Toute augmentation du prix des denrées alimentaires résultant de cette perturbation entravera probablement l'investissement et les bénéfices futurs du e-commerce à ce stade critique de sa croissance.

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La possibilité d'un " no-deal "

Une autre question à prendre en considération est qu'un Brexit sans accord perturberait sérieusement la libre circulation des données à valeur commerciale entre l'Europe et le Royaume-Uni. 75 % des flux internationaux de données du Royaume-Uni se font avec l'UE, et une grande partie de l'activité économique britannique dépend de ces flux.

L'UE exigerait probablement que les responsables du traitement et les sous-traitants mettent en œuvre des "garanties adéquates" pour le transfert de données à caractère personnel de l'UE vers le Royaume-Uni, le Royaume-Uni devenant effectivement un "pays tiers" au regard des transferts internationaux de données.

Selon un rapport récent de l'University College de Londres, toute perturbation imposerait "d'énormes charges de mise en conformité aux différentes organisations, qui devraient investir dans des frais juridiques et administratifs pour garantir que les transferts de données UE-Royaume-Uni restent légaux".

Des coûts liés à la conformité

La conformité entraînerait des coûts massifs pour nos grandes industries telles que la finance, l’hôtellerie, la fabrication et la technologie. Le Brexit aura sans aucun doute un impact majeur sur la confiance des consommateurs britanniques et celle de ses voisins les plus proches mais tout n'est pas perdu pour le Royaume-Uni. Les apparences semblent terribles, mais la vérité est que personne ne sait vraiment ce qui va se passer lorsque le pays quittera l'UE. 

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Entrepreneurs britanniques… commencez à vous préparer dès maintenant

Les entrepreneurs et les entreprises britanniques avertis se préparent, à juste titre, au pire. Toutefois, il est important de rappeler que le Royaume-Uni est actuellement l’un des plus importants hubs de commerce électronique en Europe et que le pays possède de nombreux avantages concurrentiels en matière de connaissance et d’expérience numérique.

Les e-commerçants britanniques pourraient bien voir leurs ventes augmenter à la suite du Brexit, alors que les clients se rapprochent d’eux pour leurs achats afin d'éviter des coûts d'importation cachés. En outre, si la valeur de la livre continue de diminuer, les exportations augmenteront, ce qui ne peut être qu'une bonne chose pour le e-commerce britannique.

Se préparer à l'avance à une telle éventualité et en tirer parti le moment venu sera essentiel pour que les entreprises britanniques assurent leur viabilité dans ce nouveau monde. La seule chose qu’elles puissent faire est de se préparer afin de garder le cap dans des eaux agitées.

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Source : realbusiness.co.uk

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