septembre 20, 2017 trends

Etats-Unis: le e-commerce peut-il résoudre le problème des grands magasins ?

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Aux Etats-Unis, des chaînes de grands magasins tels que Macy's Inc., Sears Holdings Corp. ou encore  J.C. Penney Co. procèdent à la fermeture de centaines de points de ventes, tandis que les centres commerciaux souffrent non seulement des changements d’habitude des consommateurs - qui se tournent de plus en plus vers le e-commerce - mais aussi de la montée en puissance d’Amazon.

Cette année, le nombre de fermetures de magasins devrait atteindre un record aux États-Unis et toucher plus de 8 640 points de vente, selon les estimations du groupe bancaire Credit Suisse Group.

Cette tendance impacte les entreprises qui interagissent avec ces chaînes de grands magasins. Richard Peretz, directeur financier d’UPS, a déclaré lors d'une conférence: «Nous sommes challengés par le nombre de magasins qui ferment. Ce phénomène a une incidence sur la croissance de nos envois BtoB.” Effectivement, la fermeture des magasins fait du tort à UPS puisqu’elle réduit le nombre d’entreprises clientes, le secteur du BtoB étant le segment de l'entreprise le plus rentable. Notons toutefois que la livraison à domicile augmente grâce à une forte demande émanant du e-commerce.

David Abney, président et directeur général d'UPS, a déclaré qu’UPS a repris ses activités auprès des commerçants puisqu’un nombre croissant de consommateurs aux Etats-Unis commande des articles en ligne pour se les faire livrer dans les commerces alentours. Cette déclaration met l'accent sur les efforts d'UPS quand à l’amélioration de ses services aux consommateurs, au travers d’investissements dans l'automatisation des entrepôts et l'acquisition de technologies avancées.

Le syndrome de Macy's Inc

Avec un développement excessif, des promotions innombrables et des stratégies de commercialisation contestables, Macy's Inc. est sans aucun doute le symbole du malaise vécu par le secteur du retail aux Etats-Unis.

Au mois août dernier, lors d’une conférence, Jeff Gennette, président et directeur général de Macy's Inc. a reconnu la situation et évoqué des solutions potentielles. Ce dernier a déclaré vouloir déployer cet automne, la nouvelle stratégie d’entreprise, une campagne marketing axée sur la mode ainsi qu’un nouveau programme de fidélisation de la clientèle. Pour Jeff Gennette, il ne s’agit pas d’un désir mais bien d’un réel besoin de "restructurer toute l’organisation marketing".

«Nous voulons réduire la fréquence des promotions et reconstruire notre crédibilité en tant que destination Mode», a-t-il prononcé, ajoutant que Macy's prévoit que ces initiatives «vont améliorer la tendance des ventes de cette deuxième moitié de l'année».

"Nous restons concentrés sur nos objectifs à destination des magasins brick and mortar et sur la croissance continue de notre programme numérique. Nous sommes conscients d’opérer dans un environnement extrêmement concurrentiel, où notre client a plus que jamais accès à de nombreuses options d'achat." a-t-il ajouté.

Le PDG de Macy's Inc a mentionné la bonne progression du site macys.com, avec des gains à deux chiffres pour le 32ème mois consécutif.

macys.com.png

 

«Nous travaillons avec un état d'esprit visant à l'amélioration et l’adaptation en continu de notre entreprise afin d'atteindre l’objectif de stabilisation du brick and mortar, tout en investissant pour une croissance accélérée du e-commerce, en particulier mobile», a indiqué Jeff Gennette. «La clé de cette stratégie engage nos clients dans une expérience enrichie qui comprend des collections exclusives, une meilleure intégration de la technologie en ligne et dans le magasin ainsi que des améliorations supplémentaires destinées à générer du trafic et des ventes».

Online vs. brick-and-mortar

L’entreprise américaine JLL, spécialisée dans le conseil immobilier d’entreprises, a annoncé que les ventes en magasin ont diminué de 4,5% par rapport à la même période en 2016, tandis que le commerce électronique a progressé de 13,3%. Selon la National Retail Federation, les ventes en ligne et autres ventes “hors magasins” ont augmenté de 1,3% en juillet, par rapport au mois précédent et ont augmenté de 11,4% d'une année sur l'autre.

Chris Christopher Jr., directeur général de IHS Markit, entreprise américaine d'information économique, a déclaré qu’à l'exclusion des concessionnaires automobiles, des stations-service et des magasins d'alimentation, les ventes e-commerce représentent désormais 15,4% des ventes au détail. «Nous prévoyons que ce pourcentage atteindra 16,3 % d'ici la fin 2017." "Les commerçants en ligne devraient s’emparer d’une grosse part du gâteau à la rentrée des classes", a-t-il ajouté.

E = bénéfices

Une tendance clé observée est que le e-commerce est le moteur économique de nombreux grands magasins et fournisseurs cette année. Voici quelques exemples.

  • VF Corp.

Le distributeur américain de produits liés à l'habillement, a déclaré que les ventes directes aux consommateurs se sont intensifiées de 13% au deuxième trimestre, que ses revenus numériques ont augmenté de 34% et que la vente en gros a reculé de 3%.

Les ventes directes aux consommateurs incluent les points de vente proposant les marques propres, les magasins outlet et le e-commerce. Elles devraient s’accroître de 10 à 11% cette année. Les recettes numériques seules devraient augmenter de plus de 25%, en comparaison à une croissance globale des revenus de 2%, soit environ 11,65 milliards de dollars pour l'année.

Le géant du vêtement a exprimé son souhait d’une «réorientation vers des activités à marge supérieure» comme le commerce électronique, pour améliorer sa marge brute.

  • Delta Apparel

Robert W. Humphreys, PDG du leader mondial de la fabrication et de la distribution de vêtements de sport a déclaré: «Nous sommes satisfaits de nos activités e-commerce qui nous ont permis une croissance des ventes de 41% sur nos sites BtoC de 15% sur nos sites BtoB au cours du trimestre."

La marque Soffe de Delta Apparel continue de bien fonctionner chez les e-tailers. Les ventes e-commerce ont augmenté de 15% au cours du troisième trimestre et de 24% par rapport à l'année.

  • Salt Life Unit

La marque de vêtements de surf a quant à elle, obtenu une croissance de 48% de ses activités e-commerce au cours du trimestre mais la mollesse du secteur des articles de sport a tempéré sa croissance, entraînant une augmentation globale de son chiffre d’affaires de 2%.

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  • Carter's Inc.

La société est l’un des plus grands spécialistes du marché de l'habillement et produits pour bébés et enfants. Avec ses marques Carter et OshKosh B'gosh, Carter's Inc a vu son chiffre d'affaires et ses revenus augmenter au deuxième trimestre grâce à +27,6% de ventes e-commerce.

  • Hudson's Bay

Le géant du Retail a déclaré mettre l'accent sur les ventes e-commerce en investissant davantage dans l'amélioration de ses plateformes numériques et ses capacités online. Au second trimestre, la marque Lord & Taylor a migré sur la même plateforme en ligne que Saks Fifth Avenue et Saks Off 5TH et Hudson's Bay devrait suivre le mouvement début 2018. L'utilisation d'une plateforme combinée permet à Hudson's Bay de tirer parti de la même infrastructure pour toutes ses marques, tout en améliorant sa capacité à tester et à mettre en œuvre de nouvelles fonctionnalités.

La société vient également de lancer un site web complètement redesigné pour sa marque Gilt afin de mieux épouser les habitudes d'achat de ses clients.

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Hudson's Bay a déclaré qu'elle exploitait de nouvelles technologies pour réduire le temps de d’exécution des commandes e-commerce. À la suite de l'installation réussie d’un système de navettes dans son centre de distribution canadien en 2016, Hudson's Bay  poursuit l'installation  de cette même technologie robotique dans son centre de distribution de Pottsville, en Pennsylvanie, desservant Saks Off 5TH et Lord & Taylor.

télécharger enquête Toluna et Sensefuel 2016

Source: sourcingjournalonline.com

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